
1ST SPRING, sous nos yeux
Par Julien Gloaguen le dimanche, mai 23 2010, 12:31


ce qui menace les deux jeunes hommes c'est le bourreau qui fouette les inspecteurs dans le Procès. K. a déclenché une procédure de punition à laquelle il voudrait bien mettre fin mais ne peux pas.
"Maître! nous devons être fouettés parce que tu t'es plaint de nous au juge d'instruction."
"On cherche à s'enrichir comme on peut et ce n'est pas par le seul travail qu'on y arrive, même en s'échinant comme un boeuf. Votre beau linge m'a tenté ; naturellement il est interdit aux inspecteurs d'agir ainsi ; j'avais tort ; mais il est de tradition que le linge nous revienne ; il en a toujours été ainsi, croyez-m'en ; c'est assez naturel d'ailleurs, car à quoi ces choses-là pourraient-elles bien servir à ceux qui ont le malheur d'être arrêtés? Evidemment, si le public apprend l'histoire, il faut bien que le délit soit puni."
Il y a un cheval blanc orienté vers la droite et un cheval noir orienté vers la gauche. Dans ce film il y a plein d'opposés réunis ou des complémentaires formant un équilibre tendu?
Un jeune couple marche valises aux mains, elles pourraient contenir leurs effets mais aussi être l'image d'un bagage culturel, d'expériences, de temps que la jeune femme a quelques difficultés à porter. Comme dans Seven Intellectuals in a Bamboo forest, la valise du voyage incessant, à la recherche de sa place dans ce monde fou.
La musique est matérialisée dans les fils, leur tension s'accordent, l'une porte le spectateur, l'autre reçoit les hommes mannequins du futur.
Enlevés du sol par le fil de leur destin pour atterrir sur le fil de la continuité duquel l'homme ne tombe pas mais ses accessoires si. Il y va il n'y va pas mais ne peux pas tomber. La vie fragile mais inévitable.
Les portes et les fenêtres sont closes. où trouver un endroit où séjourner.
Une vitre sépare deux époques, sa transparence permet de regarder au travers, le futur regarde au travers et voit le passé se dérouler.
Pendant le repas où le passé et le futur du passé sont réunis au présent de l'action les regards accompagnent le mouvement de la caméra. l'homme qui sert le thé accompagne aussi la caméra quand il a fini la caméra s'arrête il s'éloigne, s'arrête, hésite comme très étonné par ce qui est en train de se passer.
Le bruit de ce qui se passe dans le plan et la musique sont en alternance le passage de l'un à l'autre est net mais parfois ils se mélangent.
Certains habits et accessoires sont comme en dentelle, tressés, un chapeau, une ombrelle, des vêtements laissant paraître le corps qu'ils protègent et ornent.
REGARDS Indifférents, amusés, satisfaits, inquiets, offerts, cérémonieux, observant, distants, se regardant.
Mélange
expérience et pauvreté, images venues
Par Julien Gloaguen le dimanche, mai 16 2010, 12:46
Dégradation
"Que vaut en effet tout notre patrimoine culturel, si nous n'y tenons pas, justement, par les liens de l'expérience?"
vitrail grêlé de l'église de la Madeleine d'Albi. à partir du moment où il y a restauration on ne peut pas dire que l'édifice traverse le temps, ce sont les hommes qui lui font traverser le temps (pas ceux qui l'ont édifié) par les soins qu'ils lui donnent. il est affaiblit même s'il ressemble à ce qu'il était au début de son existence. Les hommes l'ont construit et aujourd'hui l'empêche de se dégrader. Si les vitraux grêlés étaient restés en place, n'avaient pas été restaurés, celui qui entre dans l'église aurait pu faire l'expérience de la dégradation infligée par le temps et les éléments, cela pourrait devenir une ruine alors il faudrait édifier un nouveau lieu de prière si le besoin en est.
Que faire
"Le verre, ce n'est pas un hasard, est un matériau dur et lisse sur lequel rien n'a prise. Un matériau froid et sobre, également. Les objets de verre n'ont pas d'"aura". Le verre d'une manière générale, est l'ennemi du mystère. Il est aussi l'ennemi de la propriété."
un poignard avec une lame en verre je n'ai pas encore trouvé sa fonction mais je l'ai fabriqué pour tuer le temps.
Présence
"A la fatigue succède le sommeil, et il n'est alors pas rare que le rêve nous dédommage de la tristesse et du découragement de la journée, en réalisant l'existence très simple, mais vraiment grandiose, que nous n'avons pas la force de construire dans l'état de veille."
l'écran de nos macbooks en veilles veillent sur nos états de veille.
lecture Kafka II, passages
Par Julien Gloaguen le jeudi, mai 13 2010, 16:49
Journal
"L'un des avantages qu'il y a à tenir un journal, c'est que l'on prend conscience avec une clarté rassurante des changements auxquels on est continuellement soumis, auxquels on croit bien entendu d'une manière générale, que l'on pressent et que l'on avoue, mais que l'on nie toujours inconsciemment plus tard, dès qu'il s'agit de puiser dans un tel aveu des raisons de paix ou d'espoir. Un journal vous fournit des preuves de ce que, même en proie à des états qui vous paraissent aujourd'hui intolérables, on a vécu, regardé autour de soi et noté des observations, de ce que cette main droite, donc, s'est agitée comme maintenant, maintenant que la possibilité d'embrasser d'un seul coup d'oeil notre situation d'autrefois nous a rendu plus perspicace, ce qui nous oblige d'autant plus à reconnaître l'intrépidité de nos efforts d'autrefois qui se soutenaient dans cette pure ignorance."
"_ Je t'en prie, père, laisse donc dormir l'avenir comme il le mérite. Si on le réveille avant le temps, c'est un présent somnolent qui vous échoit."
"Cela tient naturellement en grande partie à ce que je ne crée quelque chose de valable que dans des moments d'exaltation où je suis délivré du papier, moments que je crains plus que je ne les désire, si fort que je les désire aussi d'autre part ; mais alors, l'abondance est si grande que je suis obligé d'y renoncer et je puise aveuglément dans le courant, prenant à pleines mains ce qui se présente au hasard, de sorte que lorsque je veux la mettre tranquillement par écrit, mon acquisition n'est rien en comparaison de l'abondance dans laquelle elle vivait ; incapable de recréer cette abondance, elle est mauvaise et gênante, puisqu'elle me séduit en vain."
le Château
"Et nous ne redoutions pas encore la misère non plus, tous nos débiteurs nous avaient payés, les comptes avaient été soldés à notre avantage, pour les provisions qui nous manquaient, certains parents nous aidaient en secret, sans difficulté, car c'était la périodes des moissons ; cela étant, nous ne possédions pas de champs et on ne nous laissait travailler nulle part, pour la première fois de notre vie nous étions presque condamnés à l'oisiveté."
lecture Kafka I
Par Julien Gloaguen le lundi, mai 10 2010, 08:46
Un jour je suis allé à la librairie pour acheter le Château. Ils ne l'avaient pas mais me l'ont commandé. J'avais envie d'acheter un livre tout de même, au rayon "poches" j'ai trouvé le journal de Kafka je l'ai ouvert et eu cette l'impression qu'il notait ou décrivait des moments (tels une femme qui traverse la rue) comme des intrigues ou des actions qui apparaîtront dans ses récits. Je l'ai acheté une fois chez moi je l'ai posé avec mes autres livres puis oublié bien que je le remarquais de temps en temps. pensant à le commencer. "Bonjour ici la librairie Bookstore nous avons reçu un livre pour vous" Ah ils ont reçu le Château, j'irais le chercher. Quand Delphine nous a demandé de choisir un livre je me suis dit que ce serait une occasion de le lire d'autant plus que je venais de terminer le Château, ou j'étais sur sa fin, et que quelques mois auparavant j'ai relu le Procès. J'en ai lu une bonne partie lors de mon stage à Toulouse le soir. Je m'étais fixé pour objectif 50 pages par jours mais ça m'est vite apparu comme une punition, ce qui ne me semblait pas être une bonne approche.
Notes prises pendant la lecture pour me souvenir de "thèmes", de ce dont il est question à première vue. -Commentaires/Critiques de lectures. Notes de lectures -Double travail -Expériences d'écriture -Sorties au théâtre, au cabaret. Critiques -Famille -Description. Evénements. Comment ça se passe. Famille, Amis -Fragments de récits -Jugements -employé de banque. K. -maladie -Portraits dressés -Insomnie -Souvenirs liés au sens -Résumé de pièce de théâtre. Religion juive, religion chrétienne. yiddish -Rêves -Sorties. soirs. promenades -Descriptions physiques. attitudes -De ce qui se passe, ce qui s'est passé. enchaînement des événements, de la perception des éléments, fluide et rapide -conférences, lectures -négation de ce qu'il a écrit. ou approbation -insolence -fréquentation d'acteurs -Rituels, traditions, superstitions -Point de vue. Auteur/Spectateur -Ce qu'a pu dire ou écrire tel ou tel -Les sensations qu'il a quand il écrit sont écrites -Mme Tschissik. Amours. Impossible -Constatations -Humanisation du soleil -Talmud -transformation de l'affect en caractère Schiller -Ecrire un journal. p.176 -Goethe -Suicide. images -Absence d'enfant (progéniture) et de femme (épouse) -Imitation. p.191 -Mépris de soi -Les obstacles à la création littéraire ; "la vraie vie" p.203 -Avenir -Report de récits de connaissances -Ecrits interrompus -Mariage. doutes -Felice Bauer. p.285 -Réclusion -p.335-339. pour écrire un bilan, l'explication d'un projet. se convaincre. il se pose de simples questions auxquelles il répond de façon argumentée. presque indubitable. comme si ça ne pouvait pas être autrement -la même histoire "testée"? dans des versions différentes, de différents points de vue -Esquisses -Hallucination (p.366) -Parfois, énumération de ce qui a fait ses journées, ce qu'il a vu. simplement ce qui s'est passé -Insensibilité p.322 -Dostoïevski. p.412
les gros titres
Par Julien Gloaguen le dimanche, mai 9 2010, 23:04
les gros titres défilent
instrument de capture fuyez
printemps tardif il neige
état des lieu delphine et pascale veille
Etat des lieux, Delphine & Pascale
Par Julien Gloaguen le dimanche, février 14 2010, 10:29
Intérieur
C'est un film composé de courtes vidéos. Mis à part la première et la dernière j'ai filmé quand il y avait quelqu'un chez moi pour capturer un moment où l'espace, l'heure du jour, la lumière, les corps et les objets, parfois la musique, dialoguent. Le cadre que m'offre l'appareil à filmer est le cadre d'un tableau, la composition du tableau est l'agencement des éléments que j'ai cité et mon mouvement dans le moment.
Les corps que j'ai filmé sont des personnes que j'aime c'est pour ça qu'elles sont là, on est en train de vivre un petit déjeuner, une pause dans l'après-midi on écoute de la musique, on fume. c'est la matière brute. Ce n'est pas "viens je vais te filmer", mes vidéos sont aléatoires, quand je les regarde je suis content de les avoir. Chacune est comme un dessin ou une prise de note. Je passe de longs moments à relire mes carnets, j'aime passer mes doigts sur l'écriture pour en sentir le relief, je regarde comment l'écriture ou le dessin occupent la page. J'observe l'harmonie avec laquelle ils occupent la page. Ce qui se dégage m'envahit et me perd, je ne sais pas quoi faire de ces traces, je crois que j'aimerais leur donner une seconde vie. Ne peuvent elles pas se suffire dans ce qu'elles apportent à un tout dont le sens m'échappe? mais j'ai besoin de montrer, comment montrer afin que vous puissiez en faire votre expérience comme spectateur et comme acteur c'est à dire que naturellement vous puissiez vous dire que ça aurait pu être vous buvant un café. pouvant reconnaître.
Ce que je filme fait partie de mon quotidien, comme les personnes que j'aime c'est parce que c'est là. J'en prends quelque chose, de la matière qui se compose malgré nous mais par nous ( c'est un peu comme quand on discute avec quelqu'un et qu'on tripote des épluchures de clémentine, tout d'un coup on s'arrête et on se rend compte qu'on a fait plein de petits bouts de ces épluchures et qu'on les a organisé en montagne). Il m'arrive d'enlever un objet parce que je sens que ce sera mieux sans mais en général il n'y a pas d'autre mise en scène que celle de nos mouvements naturels. spontanés. inattentifs. habituels. L'appareil à filmer me permet de prendre note d'une harmonie établie sans faire exprès et qui me touche.
Il se passe quelque chose quand je me mets à filmer une personne (et même un objet?). Je remarque en regardant ce que j'ai filmé, j'y pense parfois quand je filme, comme une gêne, une maladresse, de la brutalité, le sentiment d'être assoiffé concentré sur ce que je filme oubliant que ce que je filme existe pour de vrai, je m'isole avec mon appareil alors je coupe le contact normal avec la personne, le moment, seule son image dans le cadre m'intéresse. Si j'allume mon appareil c'est que je veux capturer. La personne se retrouve isolée d'une certaine manière. Elle doit continuer à faire comme si de rien était sachant que le fait que je la filme fait partie du" comme si de rien était" : c'est un nouveau rapport, ce n'est plus moi qu'elle a en face mais moi en train de prendre note de son image. Ses réactions, sourires ou regards caméra, même une petite façon bien à elle de jouer, m'intéressent. Il y a quelque chose qui passe. En cours nous devions parler de notre film chacun son tour, quand est venu le mien et que j'essayais de parler de ce sentiment, que je me perdait un peu, Pascale a dit "qui n'appartient plus à la personne d'où elle se dégage, qui n'appartient pas encore à la personne qui reçoit" ça m'a beaucoup marqué.
Le sentiment de solitude qui s'installe, ou qui se révèle, m'est très fort. Cette année je ne suis plus en collocation et suis confronté plus souvent à la solitude physique. Je me sens très vite seul chez moi, ça m'envahit et me pousse à quitter l'appartement ou à demander à quelqu'un de venir, ça m'écrase, ça me pose un problème pour travailler. J'ai du mal à me concentrer plus de dix minutes après je me lève pour boire un verre d'eau, j'ai l'impression que ça va me recentrer? c'est un drôle de besoin, boire ce verre d'eau alors que je n'ai pas soif. puis je grignote, je fume, je marche dans mon appartement tripotant des papiers et des objets, ces fameux carnets, cette petite colombe en bois que j'ai sculpté chez mon grand père qui me fais penser à l'espoir et à la venue d'un message, serais-je dans l'expectatif? Je cherche ce que je pourrais faire alors que j'étais en train de faire quelque chose, le temps passe vite, c'est une forme d'ennui où le temps passe vite. Je parcours, je frôle. Je finis par me dire que je manque de motivation ou que j'aimerais avoir moins de travail pour savourer de long moments d'inutilité utile sans culpabilité. Une fois que je ne suis plus seul chez moi, il me vient à l'esprit tout ce que je dois faire, pire, il me semble possible qu'une fois seul je pourrais faire ce que je dois, du coup il me tarde d'être seul pour travailler, ce que je n'arrive pas à faire ou très lentement. Quand je suis à l'extérieur j'ai envie de l'intérieur. Quand je suis à l'intérieur, j'ai envie de l'extérieur. Je ne tient pas en place.
Je ne crois pas que le montage final mette en avant ces sentiments d'ennui?, cette chose installée dans mon quotidien mais ça m'est important de les écrire car ils en ont accompagné la création. C'est comme un arrière plan. Le film est une sorte de décor, les actions qu'il montre sont simples, manger, boire un café, fumer, écouter de la musique, lire le journal, elles ne peuvent en dire long sur les personnes, on se doute qu'ils ont un rapport intime avec moi. Ils sont dans la même pièce mais pas au même moment de la journée, ils sont tous autour de la table en carrelage blanc qui, selon Elisabeth, est le personnage principal du film.
La table, je suis en train d'y écrire ce texte, j'ai aussi écrit sur mon lit et à la médiathèque à des heures et des jours différents. Je l'ai écrit hier quand la table était inondée de soleil ça me faisait mal aux yeux. Maintenant il est 21h58 je suis assis à l'étage de la blanchisserie, c'est mon soir de garde. Maintenant il est 01h56 et je suis dans mon lit. La table témoin de nos repas, de nos conversations sérieuses et futiles, sur laquelle on appuie nos coudes en se regardant. A laquelle on boit et on rit... En même temps qu'elle appuie nos coudes elle appuie nos états d'âme et d'esprit. La table salie et nettoyée. La table vierge prête à accueillir une composition de vie, une nature morte en mouvement. Picturalement, il arrive qu'elle m'inspire la religion, de la chambre monacale à l'autel du sacrifice. La table sur laquelle la propriétaire fait le compte du loyer que je lui paye en argent liquide. D'ailleurs elle lui appartient (cruel?).
Jardins
Quelques plans tournés à la médiathèque un dimanche soir. Les éclairages, l'immobilité (même si les arbres sont balancés par le vent ils sont figés par la lumière artificielle), l'absence, emmènent un décor. Je vois un chevalier traversant, son cheval au pas, ces jardins.
Réunis
Elisabeth m'a demandé de mettre côte à côte les jardins et mon intérieur. L'intérieur et l'extérieur ne se font plus guerre, ils dialoguent et ça fait du bien.
Identité?
Pour écrire le texte qui suit je me suis parlé à moi-même. Comment la notion d'identité vous a t'elle accompagné durant le workshop? Je n'y ai pas pensé de moi même une seule fois donc si elle m'a accompagné c'est malgré moi. Pourquoi je n'y ai pas pensé je sais pas. Maintenant je peux essayer d'écrire quelque chose sur l'identité, ça fait plusieurs jours que je suis sur ce texte et que j'arrive pas à l'écrire, c'est dur de faire des phrase, des phrases simples et claires. Je pense beaucoup à la personne qui va lire ce que j'ai écrit et ça me bloque je n'ai pas envie qu'elle ai une mauvaise image de moi, je pense que j'ai envie de la satisfaire car sa satisfaction me soulage. C'est certainement une façon de faire que l'on pourrait me reprocher, penser à ce que l'autre va penser de moi. Et puis je tiens compte de tous ce que les gens disent et qui me touche, j'essaie d'assimiler ce qu'ils m'apprennent (ce n'est pas que les profs ça peut être la poissonnière que je vois tous les matins qui m'a tout à fait l'air accomplie. c'est tout le monde) mais voilà ce que les gens disent enfin ce que dit une personne même sans parler n'est pas forcément en accord avec ce que dit l'autre. qui suivre quand j'aime les deux? Tu penses peut-être que j'essaie de me déculpabiliser en écrivant ça, tu as peut-être raison. Qu'est-ce que j'écris qui est vraiment moi si ce n'est un assemblage de mots et de phrases, juste une forme, incarnée par ce que j'ai assimilé. mais de toute façon je ne cherche pas à innover. C'est important ce que les gens disent, j'y accorde beaucoup de valeur et en fait ça me construit même si des pièces ne s'encastrent pas. Je me renvoie la désagréable impression de faire des choses pour séduire. peut-être que séduire n'est pas le bon mot. Est-ce que je fais des choses qui me font plaisir? Oui mais ça me fait encore plus plaisir quand ça fait plaisir à la personne qui est face à ces choses. Est-ce que je fuis le conflit ou est-ce que j'aime la simplicité des rapports? La création directe, celle que je fais sans but et qui me plaît (les vidéos du film intérieur sont issues de cette création, le montage de ces vidéos je l'ai fait pour le workshop mais pas les vidéos primordialement, quand je les fait je me dis que ça va servir à quelque chose mais je ne sais pas à quoi. Quand je fais il y a quand même une nécessité, celle de prendre note.) L'accumulation c'est de l'identité ça ne veut pas dire que l'identité ce n'est que de l'accumulation, quoi que, des choses accumulées qui travaillent en moi. Imagine qu'une chose accumulée est égal à une créature. Les créatures vivent ensemble en moi, chaque jour de nouvelles créatures arrivent mais il n'y en a jamais qui repartent. Il y en a qui s'entendent et il y en a qui se font la guerre, par leurs agissements elles participent à la construction et évolution permanente de mon identité, c'est quand je serai mort, et s'il n' y a pas un au-delà après la mort, que plus aucune créature n'arrivera et que toutes les autres se figeront en plein combat, en train de s'étreindre ou seules dans un coin.
fm
Par Julien Gloaguen le mercredi, janvier 6 2010, 22:48
on ne sais plus qui chante, qui joue. les violonistes ont envie de chanter les chanteurs d'avoir un archer sous la glotte
le bus de biarritz à bayonne
Par Julien Gloaguen le mercredi, décembre 30 2009, 17:39
à l'arrêt le moteur en marche 12 voyageurs démarre s'insère sur la route par la gauche roule doucement tourne à droite il n'y a pas d'autre choix frein accélération accélération gauche frein arrêt deux voyageurs montent accélération droite frein dos d'âne accélération tremblement des vitres frein les ombres des arbres alentours se dessinent sur le sol gris arrêt deux voyageurs descendent un monte accélération rond point cédez le passage intégration effectue un demi cercle arrêt personne ne monte ni ne descend erreur accélération tremblement des vitres frein arrêt ouverture des portes deux voyageurs descendent fermeture des portes accélération les ombres de ce qu'on dépasse se dessinent sur le sol gris arrêt ouverture deux voyageurs montent un abonné et un qui paye accélération frein arrêt ouverture trois voyageurs montent fermeture accélération roule régulièrement frein toujours tout droit une fille et une dame se préparent à descendre frein ouverture deux voyageurs en moins départ accélération tremblements intégration d'une route par la droite toujours tout droit un homme se prépare à descendre frein arrêt deux voyageurs descendent un voyageur monte départ rond point demi cercle effectué tout droit accélération la route est plus lisse frein dos d'âne accélération frein arrêt un voyageur descend accélération toujours tout droit une fille se prépare à descendre frein arrêt un voyageur descend départ accélération frein cédez le passage rond point effectue un demi cercle toujours tout droit route moins bonne cadence régulière les lignes blanches passent à un rythme soutenu frein arrêt ouverture un voyageur monte fermeture départ accélération à-coups de la part du chauffeur tremblement les sièges tremblent des tâches de lumière du soleil sur le sol gris frein intégration d'une plus petite route parallèle sur la droite tout droit frein feu rouge vert accélération rond point feu rouge le bus s'oriente vers la gauche vert trois quart de cercle intégration des allées Paulmy accélération tout droit forts tremblements frein feu rouge vert frein arrêt deux voyageurs descendent accélération tout droit les ombres passent vite sur la lumière du soleil frein feu rouge moteur vert départ accélération tout droit légers tremblements le bus tourne à droite frein arrêt ouverture fermeture accélération intègre la route par la droite tout droit frein arrêt mon arrêt je descends
bilan en cours
Par Julien Gloaguen le lundi, novembre 30 2009, 08:10
Partir de la solitude.
Le ressenti il est dans la forme que j'emploie, cette énumération de propos auxquels je ne réponds quasiment jamais et qui résonnent dans ma tête.
1
Ah c'est toi qui pose ton appareil photo. Je le pose parfois, je le porte parfois, je danse avec parfois. J'aime évoluer dans ce que je filme avec lui, comme pour dire "regardez!" Mets toi là, regardes l'appareil. Je vais en faire une autre flou. Ah non! le flou ce doit être accidentel.
Mais tout le monde est photogénique quelque part non? Ah non! C'est ce que tu donnes. On dirait qu'il est d'un autre temps. Il y a un coté Rimbaud. On dirait que ses yeux posent une question.

Il y quelque chose de graphique, comme dans tes dessins.
Oui graphique.
C'est majestueux ces arbres.
Il faudrait que tu essayes avec un pied.
C'est aérien.
Comment tu vas rejoindre le sol?
Je ferai le trajet avec toi.
Il faudrait que tu te filmes en train de sortir de chez toi, tu fermes la portes mais tu as oublié quelque chose, une écharpe ou quoi, alors tu ouvres la porte pour l'attraper mais tu n'entres pas complètement dans l'appartement il faut que tu sois dans une position inconfortable. Puis tu fermes la porte, tu t'assois et tu fumes une cigarette, tu te demandes si tu vas y aller. Il veut te filmer en train de fumer.
l'inconfort donc...
Oui en effet on est proche de ce que tu nous à montré hier. C'est beau cette bouche d'égout. Le panneau bleu à droite me gène. Moi ce sont les inscriptions à gauche. Je ne veux pas que vous filmiez dans l'école. ça ne nous intéresse pas de voir les moments où tu cherches avec la caméra. Non c'est pas intéressant. C'est très beau ce plan.
Après on va aller chez Julien pour le filmer. Ce n'est pas du tout comme je l'avais imaginé en voyant tes vidéos. Je pensais que tu traversait un jardin en sortant de chez toi avant d'arriver dans la rue. Peut être que je me suis précipitée, je pensais que tu avais du mal pour filmer autre chose. Bon après on va faire le plan. Il est très bon ton thé. "Suzanne" ce sera parfait. Mais toi en fait tu écoutes plutôt de la musique classique. Tu vas mettre le vinyle, attendre un peu, puis tu vas aller t'asseoir et fumer. Non, tu roules ta cigarette, à moins que, quelqu'un à une blonde? Non si il fume des roulées tu ne vas pas lui faire fumer une blonde. Tu vas fumer et écouter la musique. En fait tu ne vas pas t'asseoir tu restes debout contre le mur. Allez c'est parti, tu t'occupes de la lumière. Je pense qu'il n'y a pas besoin de la refaire, venez voir. On verra demain sur l'écran à l'école.
Il ne faut pas être prisonnier des plans, c'est toi qu'on entend derrière?
Qu'est ce que tu fais quand ça tourne? Tu t'ennuies? Comment est-ce que tu décides quand tu commences et finis un plan? Pourquoi le plan des fleurs dure moins longtemps que ceux de la médiathèque où il y a des personnes qui passent?
Il ne faut pas que ce soit juste des beaux plans bout à bout. Il faut une narration, que quelque chose se passe même d'infime.
C'est expressionniste.
C'est un décor.
Je ressens un contraste entre le sauvage et le civilisé, le sauvage prisonnier du civilisé et tout d'un coup on ne voit plus que le sauvage. Une torture.
J'aimerais voir comment tu filmes ce chien.
Chez Julien il n'y a que de l'enfermement.
2
Elisabeth voit un contraste entre le civilisé et le sauvage, une torture, un enfermement. Delphine parle de décor. Si j'additionne leur commentaire j'obtiens décor d'un enfermement. Mais toi tu es où? Je ne sais pas. Je suis avec ce que je filme. ça me grise. Pourquoi tu filmes ça? Parce que je trouve ça beau. Quelque chose de beau qui échappe de cet enfer qui a l'air si lisse. J'imagine dans ma tête un haïku quand je filme les deux fleurs. Les troncs tordus des arbres me plaisent comme si leur torsion était stoppée par la lumière qui vient du sol, ils ne peuvent plus bouger, prisonnier de cette lumière. Le vent les fait frémir ou leur envoie une bourrasque pour leur donner envie de s'envoler mais c'est sadique car ils ne peuvent pas. Peut être leur emmène t'il un peu de fraîcheur ou bien il sentent le vent comme si on vous tirait les cheveux. J'aime bien filmer les arbres aussi parce que comme eux je suis balancé par le vent biarrot. J'aime la façon dont ils se découpent dans le ciel gris, parfois ils découpent tellement le ciel en petits morceaux qu'on dirait un miroir brisé.
Je me suis réveillé de bonne heure pour refaire les plans des arbres balancés par le vent avec un pied mais il pleuvait beaucoup. Je me suis abrité dans l'entrée d'un cabinet d'avocat donnant sur le carrefour où donne aussi le portail d'entrée de l'école. J'ai filmé le pluie tombant sur la route, en ne cadrant que la route, et les voitures qui passent, comme c'est un carrefour les voitures passent avec rythme créant involontairement une chorégraphie que j'enregistre. De l'intérieur de l'école j'ai filmé au travers de la vitre le magnolia, un poteau de l'entrée et des branches sans feuilles. La pluie qui s'écrase contre la vitre donne au plan l'air d'une aquarelle vivante.
J'ai filmé au réveil les deux fenêtres de mon appartement, leur reflet sur la table en carrelage blanc, les stores sont à demi ouvert. Sur le chemin de l'école j'ai rencontré un laurier rose balancé par le vent, dans l'enceinte de l'école des magnolias, du côté médiathèque un mimosa balancé par le vent aussi, le ciel gris est comme un fond qui les détache.
Clotilde, l'été.
Maintenant je veux filmer en musique.
3
Objectivité qui m'écrase Subjectivité qui m'exile
Il n'y a pas de positif, comme il n'y a pas de négatif. Les faits sont là.
cadrer=isoler pour montrer. c'est tellement facile de se couper, de s'isoler et de s'enfermer. Je dois rejoindre le monde.
4
Les héros finissent mal. Une mort isolée, absurde, celle d'individus entre dandysme et désarrois. Des monstres cyniques et damnés précipitant la société moderne vers sa fin. Apocalypse, le sang gicle.
Peut-être faudrait-il se suicider collectivement, le monde entier, d'un seul coup. NON
Sans s'accorder intimement à tant de cynisme, il est insupportable d'entendre des victimes sans colère. le monde est à présent clivé entre ceux qui se bousculent pour faire entendre leur malheur et ceux à qui chacun veut sa dose de réconfort moral ce qui souffrent devant nous ça ressemble à une histoire sans pensée comme héritée d'une impossible volonté plus que jamais sans doute nous voilà confrontés au rien.
5
6
ll a été fait allusion à Ozu. J'ai emprunté un coffret à l'école regroupant quelques uns de ses films. Fleurs d'équinoxe une histoire de mariage de jeunes filles, les mariages arrangés et les mariages d'amour. Les héroïnes veulent faire des mariages d'amour se heurtant à l'autorité paternelle. le Champ/contre-champ quasi permanent m'invite à ressentir pleinement la conversation que se donnent les personnages, assis la plupart du temps. Les femmes sourient tout le temps créant une tension extrême.
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